Des ambassadeurs du Japon à Castres
Au centre d’art le LAIT, dans le cadre de l’Hôtel de Viviès, une exceptionnelle exposition collective de dix-huit plasticiens japonais exerçant leur activité au Japon, se consacrant régulièrement à la présentation de leurs travaux au Japon et ailleurs dans le monde et présents à Castres puis à Lyon pour ouvrir leur exposition.
Leur venue dans le Tarn pour trois jours, les 27, 28 et 29 mars est facilitée par Marie PARRA-ALEDO, interprète du groupe (pas seulement pour la langue…) et commissaire de l’exposition, qui anime “Penser l’art aujourd’hui” une revue et association amicale et informelle d’artistes et écrivains dont le but est notamment de présenter l’état de la recherche artistique au Japon.
Ikeda Yasuko qui milite contre les déboisements de l’île de Bornéo entraînant la disparition de nombreuses espèces de grands singes écrit : « L’art a le pouvoir de dépasser les barrières linguistiques. Il y a dans l’art un pouvoir que nous n’exploitons pas assez aujourd’hui : rester proche des visions sociales, créer des liens forts entre art et société. J’ai le sentiment que mon action de protection des éco-systèmes de l’île de Bornéo dont parle mon art est un exemple du pouvoir de cette interaction. »
Tous les artistes de ce groupe connaissent assez bien la France : les sites historiques, les musées dont le Musée Goya par exemple.
Ils ont visité parfois déjà deux ou trois fois les sites culturels en France comme en Italie. Monsieur Sakai, spécialiste d’art roman est un cas un peu particulier. Il a, lui, visité souvent des villages où sont cachées de petites églises…. que ce soit en Bourgogne ou dans le Tarn, tout autant que les hauts lieux de l’art roman, comme Cluny par exemple.
Ne pas viser Paris et les très grandes villes uniquement pour montrer leurs travaux est un choix réfléchi et délibéré. Tous les artistes ici privilégient les relations qui s’établissent avec les personnes et, dans les villes de moins grande dimension que les capitales, ils estiment avoir la possibilité d’entrer en relation avec les personnes et d’échanger des points de vue de façon plus profonde que dans les grandes villes où tout est parfois plus impersonnel.
Parmi les personnes qui aiment la France en particulier, pour ses arts, son histoire et sa culture, Albi et Cordes sont bien connues au Japon.
Castres représente aussi un attrait du fait du musée Goya et les artistes ont été heureux d’apprendre qu’une opportunité de montrer leurs travaux se présentait à Castres.
Leur désir est tout simplement de rencontrer des personnes qui aiment l’art et partager ce goût avec elles l’espace d’un voyage.
Ces créateurs et plasticiens japonais travaillent autour du rapport entre le texte et l’image, entre les mots et la forme plastique, qu’il s’agisse des mots posés par les créateurs eux-mêmes, sous la forme de titres ou de commentaires, ou de textes écrits par des personnes “extérieures” à l’acte de création. C’est ainsi que cette exposition pourrait être sous-titrée « Poésie sans parole » ou encore comme à Lyon dans le cadre du Printemps d’Asie : « Philosophie de la création »
Le thème de cette exposition se situe au cÅ“ur des grands axes de la réflexion philosophique intimement mêlée à l’histoire de l’art.
A Castres seront essentiellement présentées des œuvres sur papier création récentes de chacun des artistes : aoyama sachiyo, hashimoto shôtarô, ikeda yasuko, itô gashô, katsuta norirô, kibe takumi, kume yoshiko, kunitake kayuza, makime jun, morishita nobuyuki, nakanishi haruyo, obata sachiyo, orido yukari, sakai seiichi, shiba kiyofumi, suda motoki, tanigaito misako, tsurumi masao.
Si nous nous intéressons à l’image qui résulte d’une pure méditation sur la forme, au service d’aucune doctrine, force est de constater, l’irréductibilité des créations à tout autre forme préexistante.
Il semblerait parfois que la recherche d’un effet de surprise même soit portée par la forme, inattendue, imprévisible, tant certaines images ne laissent à l’observateur aucune possibilité de rappeler à son souvenir un repère plus ancien, déjà analysé et interprété.
Quelques-uns des thèmes de réflexion seront l’image et l’objet inconscient, l’image vecteur du stéréotype, l’image pour tromper la crainte de l’étranger, l’image et l’écoute sensible, l’image dans le haiku (poème japonais).
Liens :
Librairie A plus d’un titre « L’art vecteur de paix »
PPF Europe Asie Université Lyon 3 Jean Moulin
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